Across the Bay

Wednesday, June 24, 2009

'Death to the Rahbar': Iran, Hezbollah, Velayat-e Faqih, and Lebanon

Here's my commentary on Hezbollah's recent statements about the Velayat-e Faqih concept, in light of what's going on in Iran.

Hassan Mneimneh's essay, "The Arab Reception of Vilayat-e-Faqih: The Counter-Model of Muhammad Mahdi Shams al-Din," that I reference in the article, appeared in Current Trends in Islamist Ideology, Vol. 8, along with a related essay by Hussain Abdul-Hussain, as well as my own essay on Hezbollah's Agenda in Lebanon.

As for the Ibrahim Mussawi episode with David Samuels, you can revisit that here.

Finally, for the record, and for those who read French, I'm also copying the L'Orient-Le Jour interview with Saoud al-Mawla referenced in the article.

Saoud el-Mawla : La wilayet el-faqih n’est pas une notion théologique

20/06/2009

INTERVIEW
M. Saoud el-Mawla a contesté les récents propos tenus par le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au sujet de la wilayet el-faqih, soulignant notamment que la wilayet el-faqih est une théorie de jurisprudence et n'est nullement une notion théologique liée au dogme de la foi chiite, comme l'a affirmé Hassan Nasrallah dans son discours de mercredi dernier. Saoud el-Mawla, note-t-on, est un écrivain et professeur d'université chiite qui était conseiller de l'ancien vice-président du Conseil supérieur chiite, feu l'imam Mohammad Mehdi Chamseddine. En sa qualité d'intellectuel chiite, il a été l'un des fondateurs du congrès permanent du dialogue libanais et du groupe arabe pour le dialogue islamo-chrétien.

Dans une interview express accordée à L'Orient-Le Jour, Saoud el-Mawla a commenté la déclaration du leader du Hezbollah qui avait invité les journalistes, les responsables politiques et les forces du 14 Mars à s'abstenir désormais de soulever le problème de la wilayet el-faqih, sous prétexte que cette question relève du dogme chiite « que vous devez respecter », avait-il affirmé. M. Mawla a commencé par dénoncer sur ce plan « le mutisme des ulémas chiites et des hauts dignitaires religieux, et à leur tête Mohammad Hussein Fadlallah, cheikh Abdel Amir Kabalan et tous les juges chériés et les muftis ». « Dans son dernier discours, sayyed Hassan Nasrallah a déclaré que la wilayet el-faqih fait partie du dogme chiite, affirmant que toute atteinte à cette notion ou toute discussion à ce sujet est une atteinte au dogme et à la religion. Hassan Nasrallah sait plus que tout autre personne que la notion de wilayet el-faqih générale est une théorie de jurisprudence et non pas une notion théologique ou dogmatique. Cela signifie que la wilayet el-faqih représente des dispositions et des mesures de détail en rapport avec l'organisation (de la vie de la communauté). Les musulmans chiites divergent au sujet de ces dispositions depuis l'occultation de l'imam Mehdi. D'où le fait que l'on a ouvert la voie au ijtihad (l'interprétation personnelle). »

Et Saoud el-Mawla d'ajouter : « Faire de la question de la wilayet el-faqih une affaire de dogme, c'est-à-dire prétendre qu'elle est au cœur de la croyance du musulman chiite et des fondements de la religion, constitue une atteinte à la Constitution libanaise ainsi qu'aux fondements de la coexistence, de la citoyenneté, de la démocratie et de la liberté au Liban, car adopter une telle attitude revient à brandir le spectre du terrorisme et de l'apostasie face à tous ceux qui rejettent la wilayet el-faqih (général, c'est-à-dire ayant une dimension politique globale). Or ceux qui rejettent la wilayet el-faqih (générale) représentent la grande majorité des ulémas et des dignitaires chiites en Iran, au Liban, en Irak et dans d'autres pays. Et cette position se retrouve à travers le siècles. »

L'attaque contre le patriarche maronite
« Les ulémas chiites, a ajouté Saoud el-Mawla, ont rejeté le principe de la wilayet el-faqih générale (englobant un pouvoir politique absolu) en lieu et place de l'imam Mehdi. Ils ont choisi d'accorder au wali (autorité religieuse) un pouvoir limité, c'est-à-dire celui d'un médiateur social, d'un conseiller, d'un juge, d'un cheikh. Les ulémas chiites n'étaient même pas d'accord sur les limites de tels pouvoirs. Certains d'entre eux ont englobé dans le pouvoir du wali le khoms (le cinquième des bénéfices du croyant payé aux imams), la zakate (taxe religieuse obligatoire), la prière du vendredi, ainsi que le fait de commander le bien et d'interdire le mal. D'autres ont donné à la wilayet el-faqih un pouvoir très restrictif n'incluant pas une autorité sur les individus, ce qui implique le rejet du recours à la force et de l'effusion de sang. »

Après avoir souligné que « la mise en place du gouvernement de la justice divine est du seul ressort de l'imam infaillible » (l'imam Mehdi), Saoud el-Mawla a relevé qu'« à travers l'histoire, aucun faqih chiite (savant de la foi) n'a prôné la wilayet el-faqih générale, à l'exception de cheikh Ahmad ben Mohammad Mehdi el-Nouraki (1245 de l'Hégire) dont l'imam Khomeyni s'est inspiré ».

Qualifiant d'« attitude répressive étrange » le fait de considérer la wilayet el-faqih comme un dogme, Saoud el-Mawla a relevé que « le peuple d'Iran ainsi que les hautes personnalités de la révolution de l'imam Khomeyni, ceux qui croyaient dans la wilayat el-faqih révolutionnaire font face aujourd'hui aux décisions du wali el-faqih » (l'imam Khamenei). « Sont-ils donc des mécréants ? » s'est-il interrogé. M. Mawla a appelé sur ce plan à la conciliation et au dialogue, à l'acceptation de l'autre et du droit à la différence, ainsi qu'au respect de la liberté d'opinion et d'expression. « Ce qui se passe aujourd'hui en Iran est la preuve la plus éclatante du fait que la wilayet el-faqih n'est pas agréée, même dans le pays d'origine, et donc à plus forte raison au Liban, en Irak et dans d'autres pays. »

Sur un tout autre plan, Saoud el-Mawla a souligné que les attaques de Hassan Nasrallah contre le patriarche maronite constituent « une calomnie et une injustice injustifiée ». « Ces attaques ne peuvent s'expliquer que par la volonté de justifier la défaite aux élections du fait que leur base populaire s'attendait à la victoire », a-t-il déclaré. Et de conclure que les accusations de traîtrise et les attaques personnelles lancées par les responsables du Hezbollah sont aujourd'hui déplacées car même l'Iran de Khamenei et d'Ahmadinejad pratique une politique d'ouverture en direction des pays arabes et de l'Occident.